Le vendredi 17 juillet dernier Squat faisait un big up d'Assassin-Connexion.net en direct sur Skyrock, dans l'émission Planète Rap qui lui était dédiée. Ça, c'est plus ou moins la consécration de tout ce que j'ai pu entreprendre grâce à ce site.
Le samedi 11 mars 2006 est une date charnière dans la vie du site car c'est le jour où j'ai rencontré l'ex-groupe lillois Da Hypnotik, auteur de deux featurings astronomiques avec Assassin : "L'art de la guerre" et "Underground fighting" (Album "Maintenant ou jamais", 2004, Wagram).
Depuis ce concert, je suis devenu pote avec l'un des membres du groupe Soulkast. Grâce à lui, j'ai pu avoir la fameuse première connexion avec Rockin' Squat, toute l'Académie Mythique et même d'autres artistes que je kiffe également comme Kery James ou Taïro.
A ce titre, j'aimerai partager cette journée à Lille, pour la rencontre avec Da Hypnotik et la chronique de leur ultime concert. Back in the days !
Et pendant votre lecture, voilà 6 sons extraits de l'album "Maintenant ou jamais".
Da Hypnotik : Flashback
Da Hypnotik est un groupe de rap formé du duo Soulkast et Skane. Leur histoire a commencé il y a maintenant 10 ans. La passion pour le Hiphop et la persévérance dont ils ont fait preuve a abouti à un premier maxi "Manifeste" sorti en 2001 en autoprod'. Ce maxi leur a donné un rayonnement hexagonal grâce notamment au featuring avec Rockin'Squat sur l'énormissime et inoubliable morceau "L'art de la guerre".
La scène lilloise fait enfin parler d'elle grâce à Da Hypnotik lorsqu'ils enchaînent les concours, notamment le MCM Session 2003 qu'ils ont remporté avec leur formule secrète : show carré, lyrics affutés, flows hallucinants, ils sont remarqués par Wagram.
En septembre 2004 leur premier album intitulé "Maintenant ou jamais" sort dans les bacs. Un premier opus qui déborde d'énergie et qui ne laisse pas Squat indifférent une seconde fois. En effet, il fera un deuxième featuring sur le morceau "Underground fighting" encore plus monstrueux que le premier acte.
Le samedi 11 mars 2006 dernier, Da Hypnotik a fait la première partie du concert de Psy4 de la rime. Nous avons donc été invités et c'est avec un très grand enthousiasme que nous nous sommes rendu à Lille pour voir l'une de leur dernière représentation.
Arrivée à Lille : en attendant le concert
Samedi. Il est 10 h 30, mon frère et moi préparons tout ce qu'il faut pour parcourir les 330 km en voiture dans des conditions idéales. (Soondoger lui est déjà sur place depuis vendredi). A part la bouffe et la carte fraîchement imprimée sur mappy ^^, on prépare les bonnes choses pour les oreilles. On embarque le dernier album de Pyroman ("Equateur Cosmique" et "le Jour Pi"), La Caution ("Peines de Maures / Arcs en ciel pour daltoniens"), DJ Phantom ("Humility).
Tiens-toi prêt Lille, on arrive !
Force est de constater qu'on avait bien calculé notre coup, on est arrivé devant la salle à 14 h 30 sur "Thé à la menthe", les 4 skeuds avaient tourné, bref nikel quoi. Non loin de là se trouvait le centre commercial où nous attendait Soondoger. On l'a finalement capté en haut d'un escalator en train de regarder chépakoi. Pour une première rencontre, on a vraiment kiffé l'après-midi passé ensemble dans le centre.
L'heure du concert approche, il est bientôt 18 h, Soulkast m'appelle pour qu'on vienne chercher les invit' devant la salle. Ni une ni deux, on s'y rend et je le préviens pour qu'il sorte. Quelques minutes plus tard il arrive enfin. "Enfin", car il fait froid comme c'est pas permis à Lille ! Tout souriant, il est très heureux de nous voir enfin, nous aussi d'ailleurs et on échange rapidement quelques mots avant qu'il nous file nos pass et qu'il rentre dans la salle pour faire les "balances" (terme qui désigne les réglages effectués par l'ingénieur du son).
C'est maintenant...
Déjà 19 h, on en a marre de faire 15 fois le tour du centre, on décide d'attendre devant la salle avant que tout le monde n'en fasse autant. Il faut savoir que l'AERONEF a enregistré un record de vente pour le concert des Psy4 avec près de 1400 places vendues sur commande, une première ! On attends donc sagement devant, dans un froid de plus en plus insoutenable.
19 h 30, le monde s'accumule, on aperçoit déjà un échantillon pitoyable du public de Psy4 entre autres gens disons plus civilisés et respectueux. Les gardes commencent à faire rentrer le public petit à petit, entrecoupé de pauses à cause des bouffons sus-cités qui poussaient comme des porcs sur les grilles.
Bref on entre finalement dans le hall où on se fait contrôler. Évidemment je me fais recaler par un garde (une armoire) parce que j'avais un appareil photo sur moi, les boules. Je lui montre mon pass au cas où, et bingo, il me laisse passer. C'était moins une. On rentre enfin dans la salle, au chaud.
On a de la chance, on est tout devant, place idéale pour voir les déglingo sur scène. D'ailleurs on les a attendu environs 15 - 20 minutes en écoutant quelques morceaux pour mettre de l'ambiance dans la salle qui se remplit petit à petit.
Tout à coup, plus de lumière, plus de son, et une lumière tamisée bleutée d'ambiance éclaire le devant de scène. L'intro de l'album démarre et on commence à entendre Da Hypnotik derrière en train de chauffer la salle. Puis ils débarquent sur scène ! Et là, l'hallu' totale !
Da Hypnotik débarquent sur scène comme des fous furieux
Ils commencent donc leur show par l'excellent morceau "Retiens mon nom" qui est une pure boucherie en live. Ça gueule de partout, l'ambiance est détonante. Les deux acolytes ont une pêche d'enfer et ils nous le montrent incroyablement en occupant tout l'espace sur la scène. Le public qui n'est à l'origine pas là pour eux est immédiatement conquis.
Le morceau suivant est plus posé puisqu'il s'agit de "History", un somptueux titre qui retrace l'amitié qui lie Skane et Soulkast depuis ces 10 dernières années et qui a contribué à la création du groupe. A l'issu du son, j'ai eu droit à mon ptit big up par Soulkast, ce qui m'a énormément fait plaisir, ça m'a surpris sur le coup quand mon pseudo a été prononcé ^^
Ensuite Skane enchaîne avec son morceau solo inédit orienté ragga que vous avez eu l'occasion de télécharger dans l'ancienne version du site, celle qui se termine par un couplet de "Iron, Lion, Zion" de Bob Marley, couplet que la salle a chanté avec lui. Enfin il a terminé par un court a capella ragga, dans le noir total avec un projo' sur lui seul : effet garanti.
Un couplet ragga a capella de Skane
Et puisque Skane avait emboité le pas, ils ont terminé par 2 morceaux inédits aux sonorités également ragga. Et là, avant d'attaquer le dernier morceau Soulkast attire l'attention du public et souhaite annoncer quelque chose...
...ou jamais
Il ne passe pas par 4 chemins et en vient au fait :
"Bon ça fait 10 piges qu'on est ensemble et ce soir on a décidé de mettre fin au groupe. L'histoire de Da Hypnotik s'arrête ce soir.".
Ils dédicacent leur dernier son à tous leurs proches, ceux qui les ont soutenu toutes ces années et ils terminent leur show avec un dernier morceau lui aussi inédit.
Ça m'a fait chelou sur le coup putain, piégé entre la déception de l'annonce et l'euphorie du concert vraiment génial.
Finalement, un garde se trouvant devant la scène nous fait signe pour nous dire qu'on est appelé dans les loges. On va pas se priver hein ^^ On y va et on rejoint donc le groupe.
L'occasion peut-être d'en savoir un peu plus...
L'avenir ?
C'est dans les loges qu'on a pu parler aux désormais ex-Da Hypnotik, pour savoir d'une part pourquoi ils se séparent et d'autre part ce qu'ils comptent faire à présent.
On apprendra donc que comme beaucoup de groupe, il arrive un moment où les envies divergent et Da Hypnotik n'y a pas échappé. Après 10 ans de collaboration, Skane souhaite s'orienter vers une musique aux couleurs plus ragga. C'est à ce titre que lui, son frère Emoash et son pote Antoine ont formé un groupe qu'ils ont nommé Da Mage (avec le clin d'oeil à Da Hypnotik).
Quelques morceaux de Da Mage en exclusivité dans les loges
Ils bossent depuis quelques temps sur leur album pour lequel on n'a pas de date de sortie à ce jour. Nous avons eu cependant la chance d'écouter une demi douzaine de morceau en version acoustique joué par Antoine. Le résultat est surprenant et absolument fabuleux ! Skane mélange des passages rappés hyper speed à la manière de Soulkast et d'autres chantés qu'il manie vraiment bien. Essentiellement anglais, les morceaux sont très mélodieux, on attends à ce titre beaucoup des nouvelles productions de ce nouveau groupe prometteur.
Quant à Soulkast, nous lui avons également posé la question et à notre grand regret, rien n'est prévu pour l'heure. On sait qu'il va faire des études pour travailler dans l'univers musical car c'est vraiment un monde qu'il kiffe.
Inoubliable
Ce weekend à Lille restera à jamais ancré dans ma mémoire. On a véritablement passé un putain de bon moment en leur compagnie. On a été très très bien accueilli et le concert était génial par dessus tout.
Je fait un énorme big up à Soulkast pour nous avoir invité au concert, j'espère qu'on se reverra très bientôt pour de nouveaux projets, quels qu'ils soient.
Peace out.
Inekman
Photo de famille, de gauche à droite : Skane, Soondoger, moi, Soulkast, mon reuf (et jenny derrière l'objectif)
Y’a 2 heures environs, j’étais dans le 19ème arrondissement de Paris, au Cabaret Sauvage, pour le concert d’Assassin. Ouai.
Mis à part le fait que je suis arrivé un peu à la bourre, genre une heure après le début de la partie d’Assassin (ce qui veut donc dire que j’ai complètement loupé la première partie de Groove Killer avec Cheik Tidiane Seck…), donc mis à part ça, cette soirée était assez inoubliable, de par les gens que j’y ai rencontré et par le bonheur récurrent que procure le fait de vivre un concert d’Assassin.
Sur ce dernier point, je crois que je n’ai plus trop de doute là-dessus. De « complètement néophyte » en la matière car ne les ayant jamais vu sur scène, je suis passé à « amateur averti » en les ayant vu 3 fois en l’espace de 2 mois : aux Artefacts à Strasbourg, à l’Olympia et au Cabaret Sauvage tout à l’heure à Paris.
Donc voilà, une chose est certaine. Si on peut factoriser le sentiment prédominant qu’on ressent avant, pendant et après un concert d’Assassin, c’est le kiffe monumental qu’on se prend en pleine gueule, encore et toujours.
Avant, c’est tout d’abord le fait d’être entouré par une foule hétéroclite. Vieux, jeunes, black, blanc, hiphop ou rasta, la foule qui envahit le devant de la salle puis le devant de la scène est une véritable boîte de crayon de couleur. Pendant, les gros fans se retrouvent tout devant pour jumper frénétiquement, les piliers de bars à leurs places et puis les autres qui sont là, à droite à gauche, pour kiffer l’ambiance, le son, la chaleur qui se dégage dans la salle. Après, quand tout le monde a bien transpiré tellement il a bougé pendant les sons qu’il adore particulièrement, parle comme un déglingo tellement il a gueulé pendant le show. Tout ça, pendant plus de 2 heures non stop, t’es lessivé. D’où, d’ailleurs, le petit détour au marchandising à la fin pour pecho un beau tshirt bien fresh.
Donc là, en l’occurrence j’étais au Cabaret Sauvage, il y a un peu plus de 2 heures.
J’arrive dans la salle avec mon colloc’. Le concert bat son plein. La salle est blindée, ça gigote de partout, normal, Teuskwa donne le rythme sur scène accompagné de ce qu’il a nommé Assassin 2009, c'est-à-dire Profecy et Lyricson pour ce qui est des rappeurs, DJ Duke aux platines, et le percussionniste dont je n’ai toujours pas le nom bien que j’ai dû le citer dans une news précédente.
Donc on rentre dans le bain comme ça direct, après avoir fait un détour au bar pour se rafraîchir le gosier, si vous voyez ce que je veux dire. Par ce putain de temps où il fait une chaleur à crever la gueule ouverte, ça nous a fait du bien, croyez-moi. On s’avance un peu avec nos petits gobelets houblonneux et on prend le concert au moment où Lyricson fait un solo de reggae. Les titres s’enchaînent, ça claque tout, Squat est super au top, comme du bon vin. Par rapport à l’Olympia et les Artefacts, là le son est génial, on pige tout, c’est un vrai bonheur.
Ah, le gobelet est vide. Qu’à cela ne tienne, le bar est toujours au même endroit. On remet ça, mais en plus gros. On revient à nos places et on continue le show. Et un moment, la gueule dans mon gobelet, j’entends le monde gueuler devant. Chelou. Qui vois-je débarquer sur scène ? Solo ! Et bam. Voilà que les deux compères nous balancent l’attitude assassine de l’ancienne école. C’était grave de chez grave.
Après ce passage d’anthologie, une chose étonnante m’est arrivée. Une chose liée à ce putain de site et ce putain de groupe que j'aimerai partager avec vous, parce que ça claque.
Pendant un moment j'entends quelqu’un prononcer mon prénom, une meuf. Entre nous, ça aurait pû être n'importe qui dans la salle... Sauf que j’ai un prénom plutôt atypique puisque pas français et plutôt turkish. Donc sauf grosse coïncidence cosmique, y’a pas d’autre mec à moins d’un mètre de moi qui porte mon prénom… Cette personne que j’ai connue par le biais d’Assassin-Connexion m’avait écrit un mail il y a plus de 3 ans ! Depuis, on échangeait régulièrement par mail ou par téléphone. Or ce soir, croyez-le ou pas mais j’ai siroté mes putains de bière tranquilou à 10 cm d’elle sans le savoir…hallucinant. On devait déjà se capter à l’Olympia, ce qui n’avait pas pu se faire pour diverses raisons et là je me retrouvais juste à côté d’elle par un hasard, pour le coup, assurément cosmique ! Donc non seulement, ça m’a fait super plaisir de lui parler en chair et en os mais en plus c’était au concert d’Assassin, plus ou moins la raison de notre amitié quoi, ça tue non ? Donc rien que pour ça, merci Squat, c’était une putain de soirée inoubliable.
Ensuite le concert prenant fin, le monde évacue petit à petit la salle. Je parviens à retrouver ma couille droite que je nomme Soondoger. Il était collé aux barrières tout devant la scène, sans voix. On discute vite fait puis Shabz nous convie en backstage, mon colloc’, Soon et moi.
Là, nous rencontrons toute la troupe, c’est une bonne occasion d’avoir un retour sur la tournée tout ça par Dj Duke. Donc apparemment ça démonte bien comme il faut. Le public est là. Il s’est enrichi, il a évolué et il s’est élargi et il est là. Il est content de revoir Assassin. Assassin est content de revoir son public. Là on capte Profecy. Il a interprété le titre « Galactik » de son second album éponyme qui sortira le 14 septembre 2009, notez la date. Le titre déchire bien sur scène, ça remue la foule au taquet et le style musical tranche pas mal avec la playlist Assassine. C’est frais, ça déboite et le public suit.
On prend nos photos, on rigole, on fait les cons, c’est cool. Et dans une pièce à côté, cerise sur le gâteau, mesdames et messieurs, Mister Vincent Cassel est là. Je ne l’ai pas vu dans la salle mais en back il était bel et bien là. Il avait l’air un peu déchiré, énormément sollicité à l'instar de son reuf (marqueur à la main, prêt à dégainer sur les skeud/poster/tshirt qu’on lui tendait). Donc voilà, c’était bien cool de le croiser dans ce cadre amical et festif.
Sur ce, nous avons plié bagage car le métro en a rien à cirer de qui fait quoi où comment pourquoi et avec qui, mais à 1h du mat’, il trace son rail pour ne plus repasser.
Donc voilà, c’est avec un kiffe monumental, continu, que j’ai assisté à ce troisième concert. C’est la tête blindé de souvenirs kiffant que je suis rentré chez moi. Et c’est fatigué que je vais aller pieuter.
Avant d’aller dormir, j’aurai une chose à dire, si Assassin passe par chez vous, bougez votre cul et allez les voir. C’est quelque chose. Sur skeud ça tue, mais sur scène, Squat c'est d'la putain d'came.
Je souhaiterai remercier Shabz, Squat, Solo, Duke, Profecy et Cheik Tidiane Seick pour leurs disponibilités ce soir, les véritables distributeurs de bonheur étaient sur scène et dans l'ombre. Merci à Vinz pour sa furtivité :-) et bien sûr Soulkast pour tout. Big up isocèle à Soondoger (« prépare la bouffe !») et un big up à la dresseuse de fufu.
Pour finir, ce que je dis ici, vaut également pour ce que j’ai vécu à l’Olympia mais j’ai eu énormément de taf après ce concert pour me mettre à écrire quoi que ce soit. Ce soir, quelque part c’est une séance de rattrapage, n’est-ce pas Squat, haha.
Dans quelques jours, c’est la news avec les photos, là je suis trop mort de chez mort corp’, j’vais dormir.
Inutile, je pense, de revenir sur la pêche, l’amour, la dose de réflexion, le groove et la bonne énergie qu’ont réussi à nous transmettre le line-up que Squat a réuni autour de lui lors de ce concert parisien de l’Olympia 2009. J’avais été témoin de quelques bribes de répétitions quelques jours avant la date fatidique, et je savais que la patate serait au rendez-vous.
Cependant, ça faisait des lustres que je n’avais pas assisté à un concert d’ASSASSIN, et encore moins coté public, noyé dans la foule, amusé et intéressé de voir ce network bigarré, provenant d’horizons relativement divers et en tous cas très fidèle à ce « groupe/nébuleuse », cette académie comme elle se définit si bien elle-même, avec son parcours, son axe et son aura unique si particulier.
Un des seuls concerts de rap où un skinhead SHARP qui s’affiche clairement comme moi ne se fait pas trop regarder comme une anomalie, voire attire quelques sympathies antifascistes bien légitimes. Soyons clair, il y a quand même bien plus de chances de croiser des gens cultivés et au fait des choses dans un concert d’ASSASSIN/SQUAT que dans un concert d’un de ces mecs qui tentent de faire du néo-rap pseudo-banlieusard gangsterisant français d’aujourd’hui…
Chez ce genre de types et leur univers, impossible de se figurer ça dans leurs petites têtes, rends toi compte : ma pomme, gars hautement impliqué dans le Hip-Hop des 90’s, qui continue à sortir des projets musicaux en tant que MC, pourtant skinhead convaincu et affirmé … De quoi faire BOOM dans leurs petits cranes, et de loin !!! Trop d’infos en même temps pour ces cerveaux étriqués, trop de notions qui s’entrechoquent dans leur vision inculte et inexacte de l’histoire des subcultures, trop de choses à gratter et surtout pas du tout l’habitude d’avoir un cheminement de pensée construit sur l’envie d’apprendre ! C’est une des raisons pour lesquelles la plupart des gens que je croise dans les milieux rap ou affiliés flanchent et ne savent pas comment se positionner par rapport à moi, et même au sein des activistes qui produisent, des artistes, alors que dans le tout venant sans prétention que constitue le public venu écouter un groupe comme ASSASSIN (ou Squat, au choix), les gens ont une vision un peu plus panoramique, ouverte et avisée et n’ont pas que les écueils d’effets d’annonces et de style pour seule source d’information.
Ça colle avec le discours et le message du groupe depuis le début de toute façon, et beaucoup s’y reconnaissent… C’est heureux !
Dans l’après midi du 11, je suis passé dans les coulisses de l’Olympe, j’ai revu de vielles connaissances et trié les souvenirs, énuméré les parcours, les anecdotes et les dossiers divers, c’était chaleureux et fort sympathique. La soirée s’annonçait déjà bien et personne n’a été déçu, je crois.
Pour ma part, le moment à retenir dans ce concert tant attendu est sans conteste la parenthèse enchantée où l’on a vu monter sur scène l’homme SOLO, dit l’Impérial SOLO à juste titre.
Pas besoin d’en faire des tonnes : je ne m’y attendais pas et j’ai été très, très ému, sincèrement et simplement.
J’ai été réellement touché à plusieurs égards, et hormis le coté clin d’œil à ma fin d’adolescence et ses quelques souvenirs gravés sur la musique d’ASSASSIN premier jus, c’était surtout la démonstration fracassante de la simple et totale évidence révélatrice qu’impose le fait de voir évoluer sur scène Rockin’Squat. K et l’Impérial Solo, ensemble.
Le vrai groupe ASSASSIN. Qui n’a rien perdu de son brio et de son efficacité. Dont les voix des deux protagonistes se mêlent et se complètent toujours aussi bien. Dont l’impact est toujours aussi puissant, autant visuellement que dans l’énergie dégagée, une tornade. On retrouve vite ses repères quand les fixations sont bonnes, quand le châssis en valait la peine, quand la machine tourne vraiment. La flamme s’est affaiblit mais n’a jamais été soufflée.
De la bombe !!! Pas plus, pas moins.
Ca avait du sens. Ca n’aurait jamais dû être autrement. Cela n’engage bien sur que moi, et ça risque encore de faire hurler les bigots-gardiens de la pseudo morale « undagwound » (pffff ..) dans leurs ponchos et leurs sweats à capuche trop large pour leurs épaules de serpents, mais j’ai toujours penser qu’ASSASSIN est un groupe de rap hardcore représentant les vraies valeurs du mouvement Hip-Hop de manière dure et profonde, qui a ses racines fortement ancrées dans le 18ème arrondissement de Paris et qui est voué a rayonner dans le monde entier par la qualité de sa musique, de son discours et de son attitude, et certainement pas une roulotte alter mondialiste qui se cherche à droite et à gauche !!! Y’a qu’a regarder.
L’émotion était palpable dans la salle pour les plus anciens et pour moi, elle avait une résonance spéciale.
Le Lp « Le Futur, que nous réserve t’il ? » sorti en 1993 a été un détonateur créatif en ce qui me concerne, ça m’a mis ans de très bonnes dispositions pour enclencher quelque chose qui allait fondamentalement marquer ma vie, à savoir l’écriture de textes de rap en français.
Dans le tout début des années 90, sous l’influence des anciennes cassettes du « Deenastyle » de Nova et de l’émission « Rapline » diffusée alors sur M6, j’avais déjà le gout pour ce style de rédaction et également quelques textes à mon actif, mais j’étais surtout impliqué dans le graffiti et le b-boy life style à l’américaine, c’était ma vision du Hip-Hop.
Avec ASSASSIN et leur premier album, je me suis décidé à faire quelque chose de sérieux, ce groupe et cet album étaient là au bon moment dans mon parcours et ça m’a terriblement boosté à travailler mes skills et a aller plus en avant pour faire quelque chose de concret.
Dont acte.
Depuis, j’ai eu maintes fois l’occasion de renvoyer la bonne vibe que j’avais reçu à l’époque aux instigateurs de tout ça, les disques en témoignent encore aujourd’hui, mais malgré tout, c’est sans vergogne que je le dis désormais : j’échangerai, et de loin, tout ce qu’à fait Squat depuis « Le futur … » et y compris toutes mes propres collaborations avec lui, pour revoir SOLO et SQUAT ensemble, le seul et l’unique crew ASSASSIN, le vrai, la bonne alchimie, définitivement détenteur de cette formule secrète contenant l’altitude de cette putain d’attitude, pour le bien du vrai rap, malmené dans ce pays, pour le bien de nos oreilles, de mes oreilles, parce que ça a du sens, parce que ce sont des performers charismatiques et authentiques et que cette place n’a jamais été à prendre, parce que ça a de la gueule et que c’est important pour l’histoire.
Parce que ces deux là sur scène ça fonctionne sacrément, y’a que ça de vrai, ça a un goût prononcé de vérité phonique et textuelle… This is rap music, le fond et la forme… en ces temps de supercherie absolue… et depuis trop longtemps.
Je ne doute pas que beaucoup tenteront de me faire passer pour un vieux con rétrograde, égo-nostalgique et passéiste, mais aussi vrai que les roquets pré-pubères apprendront que le temps est une notion toute relative, n’en demeure pas moins évident que qualitativement, je ne crois qu’aucun nouveau venu ou assimilé ne peut prétendre que son école vaut mieux que celles des gens de ma génération. Les plus jeunes d’entre nous qui ont à cœur de rester sincères ont toujours eu l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que plus le temps passe, moins la sauce prend, à quelques exceptions prêts artistiquement dans ce mouvement dévoyé.
Ne vous méprenez pas, en aucun cas je ne dis pas qu’il faille revenir à ce qui était avant, tel un aigri attardé, mais simplement que le neuf devrait s’inspirer du vieux et ce, pour le mieux, car il y avait du bon, du vrai, du fond, de l’intention, la bonne forme, au lieu de survoler un art qu’ils ne touchent que très superficiellement parce que leurs dates de naissance leur donnent l’impression d’être nés en terrain conquis.
Beaucoup de personnes true-school que je connais sont d’accord avec moi, nous en avons reparlez après le concert, avec le même constat, et à voir le message que m’a laissé SOLO sur Facebook, nous étions bien tous sur la même longueur d’ondes ce soir et j’espère pouvoir me caler dessus encore, vite, en appréciant que les choses soient à leur place.
Samedi 4 avril 2009, un jour que j'attends depuis plusieurs mois.
La journée commence normal...Réveil à 5h45, métro à 6h20, boulot de 7h a 15h...à 15h la délivrance...Direction la gare Montparnasse. Je monte dans le T.G.V...15h50 c'est parti....Jusqu'à 20h29, mon arrivée à Marmande. Je monte dans la première navette direction le festival, avec une escale au camping juste avant...Dans le bus l'ambiance est déjà bien festive... "Ce soir c'est notre bus le plus bruyant d'la soirée.....wéééééé !" ( ça donne mieux en live hein :p )
Enfin, me voilà devant l'entrée...Direction le comptoir des invitations. Je donne mon nom, ma carte d'identité...Elle me donne mon billet pour la soirée ! Cette fois ça y est !
A peine rentré je check mon homeboy Vista histoire de passer ce moment dans une bonne vibes...Il est 21h...On tourne vite fait, attendant que les prédécesseur de Squat quitte la scène...Une fois fait on se retrouve au premier rang, voyant le public se grossir au fil du temps. Les balances se font, j'aperçois Shabz et le remercie de loin pour cette invitation...Une demi heure avant le concert, le public est déjà bien présent et scande des : "A-ssa-ssin !" en veux-tu en voilà. 10min avant le départ. Duke passe avec la caméra et filme la température...Ça hurle...22h15...Pile à l'heure...
"Vous croyez avoir tous compris...". Intro de l'homicide ! Aie aie aie ! Ça va faire mal ! Suivi si ma mémoire ne me fait pas défaut de "Instoppable"...Bonne entrée en matière.
Je ne vais pas vous faire la tracklist de la soirée mais il y en a eu pour tout le monde, du "Shoota Babylone", du "France a Fric", "La lutta continua" ( prochain opus )...Tout s'est déroulé merveilleusement bien. Seulement la deuxième date de ce début de tournée, et pas de défaut à signaler. Un Lyricson d'une grande classe, un Profecy qui back à merveille, qui nous fait même les couplets de Agallah en Français...Une très bonne présence au coté d'un Squat qui tient une sacrée forme...Dj Duke aux
platines comme toujours, entouré d'un clavier et d'un percussionniste...Pas retenu les noms des deux personnes, mais ils donnent à eux 3 une nouvelle dimension à des instrus comme "Touche d'espoir", "L'Odysee Suit son cours"...Toutes les instrus retrouvent une nouvelle vie, ça fonctionne à merveille.
En tout une bonne heure et demi de concert, un public qui demande un rappel...Pro, Duke et Squat qui viennent sur scène. Squat s'excuse auprès du public, les organisateurs rangent déjà le matos et installent pour ceux d'après. L'organisation est stricte, y'a des balances à régler pour ceux d'après...normal...Ils sont excusés...
En bref un concert de départ vraiment énorme, mélangeant old-school, new track avec brio...Le concert qui ravira autant les anciens que les jeunes.
A noter que Squat nous a fait partager 3 titres du prochain opus...Pour ma part j'ai vraiment apprécié les 3 avec un big up pour "La Luta Continua"...
C'est sur "Éternel Apprenti" que le concert s'achève...Comment le finir mieux ?
Voilà pour finir on peut facilement taxer cette chro' de subjective...Rien à battre j'ai kiffé, et c'est le principal, seul un petit cafouillage de parole dans le concert...rien de bien méchant. Concert Magique.
Merci au public d'être toujours présent dans ce même esprit...Merci à Vista de m'avoir hébergé sur Bordeaux après le concert, t'es le bienvenue quand tu veux. Merci à Barbara même si on s'est vu peu de temps...Merci INFINIMENT à Shabz pour cette invitation. Et merci à ma couille Inek de check mes fautes pour cette chro :) (Inek : abusé comment t'abuses lol)
Peace Out à tous et si je fais d'autres dates d'ici l'Olympia, je ferais d'autres chro' avec un autre œil :)